Le 3 février 1887, naissance à Salzbourg de Georg Trakl (mort le 3 novembre 1914 à Cracovie d'une overdose de cocaïne).

Knudd Odde
Trakl (efter Dea), 2003
Acrylique et huile sur papier,
138 x 116 cm
Source
SONIA
« Le soir revient dans le vieux jardin ;
Vie de Sonia, silence bleu.
Migrations d’oiseaux sauvages;
Arbre nu dans l’automne et le silence.
Tournesol, avec douceur penché
Sur la vie blanche de Sonia.
Blessure, rouge, jamais révélée
Qui fait vivre dans des chambres sombres
Où sonnent les cloches bleues ;
Les pas de Sonia et le doux silence.
Une bête mourante adresse un signe en se dérobant,
Arbre nu dans l’automne et le silence.
Le soleil des jours anciens brille
Sur les sourcils blancs de Sonia,
Neige qui humecte ses joues,
Et le fourré de ses sourcils. »
Sonja
« Abend kehrt in alten Garten;
Sonjas Leben, blaue Stille.
Wilder Vögel Wanderfahrten;
Kahler Baum in Herbst und Stille.
Sonnenblume, sanftgeneigte
Über Sonjas weißes Leben.
Wunde, rote, niegezeigte
Läßt in dunklen Zimmern leben
Wo die blauen Glocken läuten;
Sonjas Schritt und sanfte Stille.
Sterbend Tier grüßt im Entgleiten,
Kahler Baum in Herbst und Stille.
Sonne alter Tage leuchtet
Über Sonjas weiße Brauen,
Schnee, der ihre Wangen feuchtet,
Und die Wildnis ihrer Brauen. »
(août 1913)
Georg Trakl, Sonia in Sébastien en rêve, Poésie/Gallimard, 1990, page 139. Traduction de Marc Petit.
Ce poème de Georg Trakl fait référence au personnage de Sonia, « la jeune prostituée au cœur pur, rédemptrice de Raskolnikov dans Crime et Châtiment de Dostoïevski, un des livres de chevet de Trakl » (Marc Petit).
| Tous les poèmes de Georg Trakl (en allemand) peuvent être consultés ICI. Voir aussi : - à l’adresse suivante le fac-similé du poème Sonia (Der Brenner, IV. Jahr, Innsbruck, 1. Dezember 1913, Heft 5, 208) ; - à propos de Georg Trakl, l’article de Hans Freibach, « Déclin d'une terre, passion d'un homme », article jadis publié sur chantiers.org et aujourd'hui indisponible sur la Toile [Cf. Copie de sauvegarde sur fichier Word] ; - (sur Terres de femmes) Claude Louis-Combet/Celle par qui la ténèbre arrive ; - (sur Terres de femmes) Poupée de Bellmer. |
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Merci beaucoup pour ce "recueil" de renseignements sur ce poète inconnu de moi jusqu'ici ... la vie de Trakl sur le Net.
Une amie m'avait parlé de lui, je pensais que c'était un peintre expressionniste - un coup dans l'eau de la mémoire, mais pas très loin, cercles concentriques
Voilà
Rédigé par: Patrice | 02 juillet 2008 at 18:27
L'ombre de Trakl nous éclaire, comme cette pléiade de poètes profonds ou obscurs qui, dans l'ombre (comme le meilleur de nous-même), n'ont pas cherché l'ombre, mais la lumière.
Jean-Marie.
Rédigé par: Jean-Marie | 03 février 2006 at 10:52