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20 février 2006

Commentaires


J'ai plusieurs questions à poser à propos de la lecture par Vercors de Jardins et routes de l'officier et écrivain allemand Ernst Jünger :
Quand ce texte a-t-il été écrit ? Comment Vercors a-t-il pu en prendre connaissance en 1941 en pleine Occupation ? Pourquoi un auteur aussi important que Ernst Jünger, et qui semble si proche de la figure de Werner von Ebrennac, n'est-il jamais cité (à ma connaissance) dans la documentation concernant Vercors ?
Ernst Jünger, d'après les informations fournies par Wikipédia, est considéré par certains "comme l'un des plus grands écrivains de langue allemande du XXe siècle". Merci de me l'avoir fait découvrir.


Bienvenue à vous, Martine, sur Terres de femmes.

Vercors a bien fait référence à plusieurs reprises à cet ouvrage de Jünger, notamment dans ses entretiens avec Gilles Plazy (A dire vrai). Il en avait pris connaissance en 1941 grâce à André Thérive. Dans ces entretiens, Vercors souligne "qu'il ne fallait pas se laisser séduire, même par un Otto Abetz "grand ami de la France", ni par un Drieu La Rochelle, ni par Ernst Jünger, auteur d'un livre, Jardins et routes, plein d'amabilité et d'amour pour notre pays."

Il était d'autant plus facile de se procurer cet ouvrage en 1941 (cet ouvrage est sorti en 1939/1940) que Paris était occupé et que Jünger, officier de la Wehrmacht, était alors à Paris.

Jünger a marqué quelques grands écrivains, dont Julien Gracq qui a souvent fait référence (notamment dans le Cahier de L'Herne qui lui est consacré) aux ouvrages Sur les falaises de marbre et Orages d'acier.

Oui, Jünger est bien l'un des plus grands écrivains du XXe siècle, mais il est vrai aussi qu'il n'est pas en odeur de sainteté auprès de l'intelligentsia française. Je vous mets en lien un article de Libération.

Bien cordialement à vous,

Angèle

Merci pour ces précisions pointues concernant la genèse d'un texte, ainsi que pour l'article de Libération.

Le site Terres d'écrivains, en assurant la promotion du livre: Ballades littéraires dans Paris (1900-1945), propose des références complémentaires de lecture.

Le récent téléfilm de Pierre Boutron (2004) a redonné au Silence de la mer une nouvelle audience.

J'aurai plaisir à consulter régulièrement votre site, et vous adresse mes meilleures salutations.

Martine S.

merci beaucoup pour ces informations


j'ai le souvenir, adolescent, d'avoir eu entre les mains le texte de Vercors, dans un version clandestine des éditions de Minuit, acquise dans les années 1950 par mes parents.
Ce fut une révélation. Je ne cessais, alors, de me rêver dans la peau de cet écrivain clandestin, capable d'écrire sur l'Occupation dans des termes si poétiques. Merci.



Merci pour cette belle présentation du Silence de la mer. Merci également pour la documentation fort intéressante sur Ernst Jünger.
J'apprécie beaucoup Terres de femmes.
Monique.



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