Pour toi, carissima Rita,
cette traduction "en dialogue" et "en amitié"
dans les premières heures de l'An 2006.
e la montagna ma l’ho perduto »
J.L. Borges
D'EFFIMERO OBLIO
« D’effimero oblio è questa sera.
Mi narra la storia che ho perduto.
La pioggia è stanca come questa mano,
riversa e immobile sul foglio bianco.
Vertigine che preme, e strido, come
digrignar di denti, strido, corda
sublimemente vaga, stasera in disaccordo,
con l’armonia del Tutto ;
ma la montagna che una sera vidi
mi disse amore, straripante
amore : dalle sue luci appena distinguibili,
dal suo stagliarsi, Ala Riparatrice, contro
quel mare che è tempesta, al di là del
riflesso quieto d’una argentea luna. »
Rita R. Florit, Lezioni inevitabili, LietoColle, 2005, page 13.
et la montagne je l’ai perdu »
J.L. Borges
D’OUBLI ÉPHÉMÈRE
« D’oubli éphémère est ce soir.
Il me narre l’histoire que j’ai perdue.
La pluie est lasse comme cette main,
retournée immobile sur la page blanche.
Vertige qui oppresse, et stridence, comme
un grincement de dents, stridence, corde
qui sublimement vague, ce soir désaccordée,
avec l’harmonie du Tout ;
mais la montagne aperçue un soir
m’a dit amour, débordant
amour : de ses lumières à peine visibles,
de sa découpure, Aile Réparatrice, contre
cette mer qui tempête, au-delà du
reflet paisible d’une lune d’argent. »
D.R. Traduction inédite d'Angèle Paoli
Voir aussi : - (sur Terres de femmes) Rita R. Florit/I giorni accatoni ; - (sur Lessness) un article (en italien) d'Alfred58 sur Lezioni inevitabili ; - (sur Lessness) un commentaire (en italien et en français) d'Alfred58 : FLORIT/PAOLI [cliquer également ICI] ; - (sur Imperfetta Ellisse) d'autres poèmes de Rita R. Florit. |
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beautiful ,
Rédigé par: jiban narah, assam, india, poet | 10 août 2008 à 09:15
Anghjula cara, che grande piacere rientrare a casa e trovare la tua traduzione, grazie di cuore, gran bello inaugurare così l'anno nuovo! :)
Vado su poezibao...
Ti lascio anche i saluti di Alfredo, che ha difficoltà ad aprire TdF.
A presto, cara amica.
Nobody, Chrysalide, je vous remercie pour votre appréciation! :)
Rédigé par: r.r.florit | 06 janvier 2006 à 12:05
« D’oubli éphémère est ce soir.
Il me narre l’histoire que j’ai perdue. ..."
Je le garde tout entier ce poème tant il me chavire et colle à la peau de ces derniers jours.
Rédigé par: chrysalide | 03 janvier 2006 à 22:00
Merci, Nobody. Merci pour Rita, qui a un très grand talent, et dont j'aimerais tellement pouvoir traduire l'intégralité de ce recueil. Mais quel exercice difficile et exigeant ! Car il ne s'agit pas seulement de traduire, mais de trouver la petite musique intérieure, la tonalité ou la coloration spécifiques. Yves, mon compagnon et webmestre, qui est un grand amateur de jazz, me dirait : trouver la "blue note".
Plusieurs lectrices et lecteurs m'ont dit, en effet, avoir beaucoup aimé ce poème, comme Florence par exemple, qui l'a mis en avant dans Poezibao.
Rédigé par: Angèle | 02 janvier 2006 à 13:34
Que j'aime ce poème !
"La pluie est lasse comme cette main,
retournée immobile sur la page blanche."
Pour moi qui habite un pays de pluies et de brumes, pour moi qui suis lasse d'écrire, cette image est forte.
Encore merci, Angèle !
Rédigé par: nobody | 02 janvier 2006 à 13:02