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11 janvier 2006

Commentaires

Le Monde des Livres propose aujourd'hui un grand article de Patrick Kechichian sur le livre de Jean Echenoz, intitulé Ravel, "un roman, un véritable roman, gorgé de vie et de mort, d'inquiétude, de mystère et de fantaisie, dont le héros est un compositeur français célèbre, Maurice Ravel".

J'extrais de l'article à propos précisément du Boléro ("ce petit truc en ut majeur") cette citation : "il sait très bien ce qu'il a fait, il n'y a pas de forme à proprement parler, pas de développement ni de modulation, juste du rythme et de l'arrangement. Bref, c'est une chose qui s'autodétruit, une partition sans musique, une fabrique orchestrale sans objet, un suicide dont l'arme est le seul élargissement du son". De quoi donner envie de se précipiter sur ce livre!

Merci Florence. En effet, cette note donne très envie de lire le roman Ravel de Jean Echenoz.
Ravel qui disait lui-même de Boléro: " Voici un morceau que les grands concerts du dimanche n'auront jamais le front d'inscrire à leur programme; qu'en pensez-vous? " Et Roland-Manuel, auteur d'une biographie de Ravel que vous connaissez sûrement, d'ajouter: "Et chacun de nous pensait exactement comme lui..." (Gallimard, 1948, p. 122). Le Boléro, un "étonnant carroussel de timbres" que Ravel dirigeait d'un "geste sec, dans un mouvement modéré, presque lent et rigoureusement uniforme ".

Il arriva même un jour que, Toscanini dirigeant Boléro, Ravel reprit le grand chef italien, "du ton dont on reprend un écolier, sur l'allure beaucoup trop vive qu'il imprimait" à son Boléro (id., p. 123). Mais il est vrai que l'humeur de Ravel était alors altérée par la maladie et par ses longues nuits de noctambule, qui ne lui laissaient aucun répit.

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