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12 novembre 2005

Commentaires

Je me réjouis que Sylvie Germain ait reçu le Goncourt des lycéens. Son écriture très imagée, prenante est superbe ! Je n'ai pas encore lu Magnus, mais c'est un plaisir que j'attends...

Merci Angèle !

Sylvie Germain est une découverte de l'été dernier pour moi avec Chanson des mal-aimants. Quelle écriture, quelle atmosphère dans ce roman ! Des pages entières j'ai recopiées dans mon cahier de passages littéraires préférés, je ne savais plus lesquels choisir, j'aurais pu recopier tout le livre...

Je recommande tout particulièrement et surtout en ce moment, le passage sur la télévision vs la radio pp. 238 et suivantes :

"Je n'ai pas de poste de télévision. La voix polyphonique de la radio, provenant de tous les horizons, de tous les milieux, me suffit. Elle tisse sur divers tons la rumeur mouvante du temps qui passe.
Je navigue sur les ondes et je capte des voix. [...] Toutes ces voix, les douces et les violentes, les belles, les vaniteuses, les arrogantes, les venimeuses, sont d'autant plus prégnantes qu'elles sont nues, dépouillées des corps qui les profèrent. Sans visage et sans image pour les lester. Je les écoute à vide, sans illustration spectaculaire. Elles me racontent le présent du monde à la façon d'un barde fou ressassant la fable des origines et la brodant et la rebrodant sans cesse. [...] Elles me viennent de loin, ces voix multiples, mais elles me touchent de très près, elles m'écorchent le coeur à certaines heures, font chavirer ma pensée.
Ceux qui sont quotidiennement gavés d'images télévisuelles en savent-ils plus, en apprennent et comprennent-ils plus que moi ? J'en doute. Ils les regardent sans les voir, les voient sans les regarder, ces images des guerres, des tragédies, des désastres. Elles se mêlent à celles de films de crimes et de catastrophes, à celles des publicités, elles s'y confondent, s'y diluent. Et quand elles sont trop violentes, effroyables, elles plongent leurs spectateurs dans un état de fascination. Une fascination morbide au sortir de laquelle ils émergent mi-hébétés, mi-incrédules. El la grande foire sanglante continue, le mal se rit de son public, il renouvelle ses coups d'esbroufe en surenchérissant dans l'outrance, le mauvais goût."

Comme j'aimerais qu'on fasse plus de bruit "dans les salons où l'on cause" à propos de cette créatrice hors-pair.

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