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29 novembre 2005

Commentaires

PARTAGER LE BONHEUR SIMPLE _________

Dans la préface de Pierre et Jean, Guy de Maupassant écrit :

« La langue française, d'ailleurs, est une eau pure que les écrivains maniérés n'ont jamais pu et ne pourront jamais troubler... La nature de cette langue est d'être claire, logique et nerveuse. Elle ne se laisse pas affaiblir, obscurcir ou corrompre. Ceux qui font aujourd'hui des images, sans prendre garde aux termes plus abstraits, ceux qui font tomber la grêle ou la pluie sur la propreté des vitres peuvent aussi jeter des pierres à la simplicité de leurs confrères ! Elles frapperont peut-être les confrères qui ont un corps, mais n'atteindront pas la simplicité qui n'en a pas. »

Si je cite cet extrait, c’est parce que ce que vous avez écrit là, Angèle, me fait penser à Une vendetta de Guy de Maupassant. Vous savez cette terrible histoire (pour moi vraie) qui effraie encore quand on regarde la mer du haut des falaises de Bonifacio…

Vous, vous dites avec cette simplicité-là, justement, ce que je ne suis jamais parvenu à écrire !

Merci beaucoup et je vous remercie de lire ce qui suit comme un gage de mon infinie reconnaissance affectueuse et peut être plus…
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JAMBE AMPUTEE

Ses tentatives littéraires (les miennes) n’étaient en fait qu’une aventure sans risques… l’expression d’un manque de courage à affronter la réalité morne et stérile de la vie quotidienne... Cela elle le savait, elle le lui avait dit, écrit, crié. II savait que cette lente dérive le conduirait à rejoindre la cohorte des poètes disparus pour n’avoir su exister que dans le désir d’en être…

Inconsciemment sans doute, il résistait à la jouissance d’être un être simple… il avait peur… peur que son être intime échoue sur ce qui lui tenait le plus à cœur... Partager le bonheur simple avec elle… Sans elle, il ne parviendrait pas à poursuivre son récit... Il chercherait des développements impossibles... Il figerait des situations en mouvement…Il paralyserait ses élans...

Ce n’était pas dans ses instants d’échec qu’il s’appuyait sur elle... il la savait tout aussi faible… mais dans ses si rares et si précieux instants de succès... ceux où, avec bienveillance, elle rédigeait pour lui... pour l’aider à poursuivre. Ce n’était pas le hasard qui avait fait converger leurs routes… elles étaient tracées d'avance par les muses méditerranéennes de l’Antiquité, qui avaient présidé à leur naissance...

Tous leurs ratages de l’enfance produisaient des moments de lumière... leurs accumulations balisaient une route partagée... ce manque de l’un à l’autre, ce regard constant, croisé par les éclats électroniques de leurs ordinateurs, leur permettait de mesurer déjà le chemin parcouru… Cela produisait une sensation douloureuse comme la blessure d’une jambe amputée qui n’était plus… et dont l’absence fait souffrir plus encore que la présence...

Amicizia
Guidu _______________

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