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12 octobre 2005

Commentaires

Complainte pour célébrer la métamorphose du vent __________

L'œil perdu se regarde lui-même
Mais c'est sa voyance
Qui fait converger les regards.

Les passereaux moirés irradient le ciel
Mais c'est grâce à l'aronde
Que s'entrouvrent les portes de la nouvelle saison.

Les nefs gonflées rident l'onde paisible
Mais c'est en chevauchant sur terre
Qu'on rêve de croisades.

Les collines en escalier composent les rizières
Mais c'est en pente douce
Que l'eau a fait jaillir le vert.

Les pleurs sur la feuille sont en bleu outre-mer
Mais c'est l'absence de couleur
Qui fait se teindre la tendresse réservée.
_________________

Voir Ravello sur la toile :
1
2
3
___________________

Amicizia
Guidu _____

En photo, Guidu, cela donne aussi cela, mais tu aurais sûrement fait mieux.

Cara Angèle,
J'ai découvert Ravello sur un malentendu. J'avais indiqué à un ami romain que j'adorerais découvrir Naples où je n'ai jamais mis les pieds. Alors un jour, il m'invite à faire l'école buissonnière. Nous prenons la voiture, direction Naples. Je frétille de joie. Pourtant, à peine quelques km avant l'embranchement fatidique, il me dit : "Finalement, j'ai une meilleure idée. Allons faire un tour sur la côte amalfitaine". Mon rêve se brise.

Pourtant, lorsque je découvre Ravello, puis Positano, mon coeur palpite littéralement devant tant de beauté. Une louange symphonique aux sens, jusqu'à cette odeur de citron qui pénètre tout ce qui vous entoure.

Je découvrirai quelques années plus tard la terrasse de l'infini au bout du parc de la villa Cimbrone. Je ne m'y suis pas endormi. Je le regrette. Le sommeil est un moyen privilégié pour tromper l'instant et lui donner les atours de l'éternité. Apaisement après l'exaltation des sens. Comme après l'amour physique.

Mais pourquoi Hécate, cette déesse *** si *** ambiguë ?

Amicizia,

Jean-Marc


Cher Jean-Marc,
Il n'est pas impossible que cette troublante ambiguïté d'Hécate (un peu strega cette femme à trois têtes ?) ne me soit pas étrangère. Nombre de mes écrits personnels sur Terres de femmes pourraient sans doute l'attester. Sans chercher ici à lever le voile sur cette question, je peux cependant préciser que la figure d'Hécate m'est au moins familière littérairement parlant. Je pense évidemment à Paul Morand, à Pierre-Jean Jouve, à Klossowski et au Château de Cène de Bernard Noël. Avez-vous eu l'occasion de lire ce papier de fabula.org ?
Amicizia,
Angèle

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