« La complainte des petits gris | Accueil | Chaton roux »

13 septembre 2005

Commentaires

Chère Angèle,
Comme je te retrouve, la passionnée des mots, des voix, des êtres...

Je comprends bien ce que vous voulez dire. Pour moi, il y a une sorte de génétique de la voix, en ce sens que nos voix me semblent non pas seulement voix propre à chacun mais voix porteuse des générations précédentes, dans notre propre lignée certes mais aussi sans doute, dans notre langue, dans notre civilisation.
Je me suis toujours demandé comment il était possible à des artistes chinois, coréens, japonais (sauf à être nés en Amérique, en France, en Allemagne, et encore...) de pouvoir rendre cette épaisseur du vécu musical dont nous sommes porteurs. Comme il serait sans doute très difficile à un artiste européen d'apprivoiser totalement le patrimoine de la musique indienne ou chinoise (Alain Daniélou aurait sans doute beaucoup à dire sur le sujet et peut-être qu'il infirmerait mon propos, mais il faut se souvenir qu'il s'est totalement immergé dans la civilisation et la religion indiennes). Question ouverte donc, je n'ai pas de certitude. Il est vrai en revanche que le niveau technique de ces artistes est le plus souvent époustouflant. De même que nos modernes CD et les enregistrements sont parfaits. Trop parfaits peut-être, car bien souvent, la déception est au rendez-vous ? Musique en boîte, musique morte. Musique aseptisée. Un peu moins de technique, un peu plus de chair, d'âme.......

Oui, ma chère Florence, mon ressenti rejoint le vôtre. Pourtant les contre-exemples ne manquent pas. Je pense en particulier à une école que vous connaissez bien : l'école de Paris, qui regorge d'artistes étrangers ayant trouvé en France et l'inspiration et leur véritable dimension créatrice. Dans le domaine pictural : Zao Wou-Ki. Peut-être les écrits de François Cheng pourraient-ils nous apporter quelque éclairage sur cette question ? Mais tout cela n'est-il pas l'aboutissement de notre éducation très "latine" dans laquelle l'Orient ou l'Extrême-Orient sont quasiment niés? C'était du reste le point de vue "très polémiste" d'Etiemble dans son ouvrage L'Europe chinoise.

Il me semble que la question picturale est différente de la question musicale. Je serai bien en peine d'expliquer pourquoi au demeurant, et ce pourrait être un débat passionnant. La question pour moi ne s'est curieusement jamais posée sur le plan des arts plastiques. Ou il n'est d'ailleurs pas question d'interprète. Je me demande si elle se pose pour l'écriture (par exemple un écrivain occidental comprendra-t-il jamais l'essence du haïku ? Je ne sais pas, je n'ai aucune certitude...) ; et dans le domaine de la musique, je ne parle pas des créateurs (un Takemitsu par exemple) mais bien des interprètes dont toutes les fibres nerveuses, l'oreille, le cerveau, ont été baignées depuis des générations et des générations dans un tout autre monde sonore, avec des règles parfois si différentes en terme d'intervalles, de tonalité, de gammes, etc.

Pourtant, Florence, les grands interprètes classiques originaires d'Asie ou d'Extrême-Orient ne manquent pas. Je pense par exemple au violoncelliste chinois Yo Yo Ma (certes élevé à Paris), et aux chefs d'orchestre Zubin Mehta (indien) et Seiji Ozawa (japonais).

Orient/Occident, la musique et le chant peuvent être transcontinentaux !
Au cours de l’été 2004, j'ai personnellement assisté - invité par mon amie Marie Jo Justamon en son festival de musique du monde - Les Suds à Arles 2004 – à l’incroyable rencontre entre le chanteur pakistanais Faiz Ali Faiz et sa troupe, héritiers du très célèbre Nusrat Fateh Ali Khan, aujourd’hui disparu, avec des musiciens de flamenco : le remarquable chanteur Miguel Poveda et le brillant guitariste Chicuelo. Leur prestation en commun faisait oublier leur provenance respective ! C’était émouvant et troublant de beauté tant ils ne disaient que leur âme et rien d’autre, improvisant à tour de rôle (dans une sorte de Chjama è rispondi cher à Angèle Paoli) des mélopées d’une fascinante complicité ! Mais, me direz-vous, le flamenco trouve ses racines dans les régions indo-pakistanaises, oui bien sûr, mais cela est ancien, et de nos jours l’Andalousie et le Pakistan semblent n’avoir que peu de liens culturels, non ?

Amicizia
Guidu______

Pouvez-vous me dire comment vous avez découvert mon "encre bleue" dont je viens de voir un extrait sous votre beau visage ? ...Je ne m'y attendais pas du tout.

Chère Marie-Christine,

Ce beau visage, c'est celui de Giorgia que j'ai photographiée juste après l'une de ses contributions au Concours de chant lyrique de Canari. Quant à l'extrait de votre poème "Encre bleue", c'est à mon photographe préféré que je vais poser la question, puisque c'est lui qui l'a choisi et me l'a offert pour illustrer cette photo. Pouvez-vous me donner les références précises du recueil dans lequel il a été publié (titre, éditeur, année de publication, folio) ? Je pourrai ainsi mieux référencer votre ouvrage et, par la même occasion, me le procurer pour avoir le plaisir de le découvrir.
Amicizia,
Angèle

Oui, demandez à votre photographe, je crois que ce texte a été publié dans la revue des Poètes en Berry et dans La Lettre à Sajat. Non encore en recueil. Affiché aussi au Mur de poésie de Tours en 2005. Il faisait partie aussi d'un spectacle poétique d'une heure au Printemps des poètes à Bourges en 2005 avec T. Sajat et moi, échange poétique autour de George Sand. Quant à mon dernier ouvrage, apres Le Petit Poète et J'étais un troubadour, petites plaquettes, il y a eu Le Jardin aux licornes, livre d'environ 50 textes avec une trentaine d'illustrations que j'ai faites au crayon noir à l'origine. Je le vends à mon domicile (15 euro) 25, bd Michelet, 78250 Hardricourt. Faites-moi parvenir un mail si vous voulez en savoir plus sur mes textes (et moi). Merci.
Ce serait gentil de trouver comment votre photographe a découvert ce texte. Quelle surprise agréable accompagnant une aussi talentueuse et belle artiste !

Chère Angèle, je viens de vous adresser mon livre Le jardin aux licornes via mail...J'espère qu'il vous plaira... C'est en quelque sorte un conte... le conte d'une petite fille devenue femme et qui attend... éternellement....

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.