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13 août 2005

Commentaires

La tua Corsica Anghjula è un sogno che spero di realizzare quanto prima; al momento sto partendo per la Provenza, non senza lasciarti un abbraccio!

rita

Quanto le tue parole, carissima Rita, mi vanno al cuore. Che piacere ! Grazie. Ma, come forse lo saprai, ci sono diversi paesi nella mia isola. E la regione nella quale sto per andare fra qualche giorni (La Cinarca) è ancora più selvatica dal mio Capicorso. Non mi sara più possibile andare sulla rete fino al ventotto circa. Ti auguro un gradevole soggiorno in Provenza. Et ti faccio anch'io un grande abbraccio,
Amicizia
Anghjula

pierres rendues au silence bruissant,
sous un soleil de feu,
la trace du vivant;
Amicizia

Le 18 juillet 2005, je marchais dans ton pays et découvrais Salge. Je mets en résonance à tes mots ceux d'Andrée Chedid :

"COMMUNIQUER"

Ce jour-là
J'étais arbre j'étais source
J'étais herbes j'étais pierre
J'étais toi j'étais nous

Ce jour-là
à perdre écailles à perdre lianes
à perdre murs
En mille milliards de voies
J'étais partout!

La ville trempa sa nuit dans nos gorges
Le temps émietta ses frontières
Les murs larguaient leurs toits

Nous étions nous et nous n'étions personne
Nous perdions trace de tout ce qui se nommait

La terre virait virait
Vers je ne sais quelle plage
Vers je ne sais quel monde
Plus dur plus doux ?

Au fond des fonds de nous
Les étangs du silence
Répandaient dans nos veines
La seule réponse à tout."

Andrée Chedid, Poèmes pour un texte (1970-1991), Paris, Flammarion, 1991.

Les photos sont superbes et rendent merveilleusement bien le calme, la beauté et la magie de Canari qui est aussi mon village. Voici ce que Salge m'inspira l'année de mes treize ans :

" Salge,

Sous un soleil éclatant de lumière, je me faufile dans les sentiers envahis par les herbes sauvages et parcours le petit village corse, isolé du monde, abandonné depuis plus d’un siècle… Pleine de curiosité, je découvre alors une étrange ruine entourée d’eucalyptus, aux volets délabrés, et sans toiture ; seules de vieilles poutres de bois usées par la chaleur et le temps maintiennent encore les quatre murs recouverts de chaux, ainsi que l’arcade majestueuse toujours restante.

Charmée par cette découverte et enivrée par une odeur mêlée de myrte et de menthe, je laisse vagabonder ma pensée… Et peu à peu, la ruine se reconstruit et revit: j’imagine les vieilles femmes corses, vêtues de noir, un fichu sur la tête, et les entends discuter à voix basse à l’ombre de la voûte ; un vieux berger vêtu d’un costume typique au visage tanné par le soleil et coiffé d’un large chapeau noir, se promène fièrement à dos d’âne dans le chemin caillouteux et salue amicalement une jeune femme allant chercher de l’eau si précieuse à la source du village : « O Catalina ! Cumù si in casa ? Tutti bè ? »...

Soudain mon esprit se brouille, je crois entendre des voix lointaines et peu à peu, je reviens à la réalité : la belle maison de pierres grises s’écroule, redevient ruine : tout est fini, tout est mort..."

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