« Catherine Pozzi | À la déesse qui m’a donné une pomme que je ne méritais pas | Accueil | Saint-John Perse | Vents »

18 mai 2005

Commentaires

Chère Angèle, ce texte est très émouvant !

Il me donne envie de vous confier ça :

"On s’est toujours étonné de la rareté des productions artistiques Corses. Il n’y a pas, prétend-on, d’écoles, de courants, de styles picturaux, architecturaux propres à la Corse … Outre les raisons d’ordre sociologique et historique, il en est une qui vient peut être de la beauté même de l’île. Nous entendons par beauté, ici, non le résultat d’une élaboration de formes, mais la qualité des forces qu’elles recèlent et diffusent… Et puis il faut une certaine douceur, un se défaire à soi-même, pour qu’il y ait de l’art il faut que se taise le bruit des armes et que, dans la déperdition des jours, l’homme trouve un lieu de calme pour dire à nouveau l’aube des formes. Il faut quelque mollesse, un vide de vie que viendra remplir l’agitation des forces retenues dans la matière façonnée. La Corse n’a jamais connu cette mollesse ni ce vide ; mais sa vie est âpre et tourmentée, son abandon à soi un silence sans complaisances, un moment de métabolisme et d’orgueil ; le fond des corps demeure ouvert au jeu des espaces…"
Ces lignes sont de José Gil dans La Corse entre liberté et terreur, 1984, Editions La Différence.

Comme de nombreux compatriotes éloignés de notre île, sa beauté, sa sensibilité silencieuse me manquent. Même quand Internet en un instant me ramène chez nous. Je peux ainsi en quelques clics, survoler le Cap Corse ou m'enfoncer dans le Cruzzini et rejoindre (grâce à Terres de Femmes) http://terresdefemmes.blogs.com/photos/uncategorized/tramonto_di_fuoco_cinarchese.JPG> Muna non loin de Vico, la patrie de Nicolo Corso, ce grand peintre corse qui, lui aussi dispersé, réalisa ses si belles fresques à Arezzo en Toscane. Mais ce pèlerinage éclair est chimérique. Sur mon écran, je ne sens pas le parfum du maquis, je n'entends pas le parler de notre enfance, je ne sais rien de notre peuple en lutte, pire, je ne peux pas faire grand-chose pour sa liberté, car les certitudes virtuelles sont équivoques, amères parfois…

Merci très chère Anghjula, cette évocation de Muna me fait dire qu’il nous faut maintenant oublier ces veillées éplorées, elles étaient bien trop conformes aux lamentations qui embrasaient l'enterrement de notre culture. Aujourd'hui il faut recouvrer la liberté, pour que chaque matin l'aube dessine la promesse de lendemains meilleurs. Bientôt la lumière chassera les ombres crépuscules de ces nuits bleues, que dans notre langue nous disons (turchinu) turquoises, comme si elle était venue d'un Orient méditerranéen d'où le soleil levant prophétiserait un adieu aux armes…

Grazie
Amicizia
Guidu_____________


A Angèle Paoli

Je viens de lire ce que vous avez écrit sur le village de Muna.
Mon père y est né.
Nous y revenons tous les ans. Le voir dépérir nous chagrine.
Pourtant je dois vous dire que malgré tous nos efforts pour le faire vivre,il ne nous a jamais été possible d'avoir l'électricité ce qui nous aurait permis de réaliser beaucoup de choses.
Nous sommes deux familles et le village disparait.


Cher Louis Nivaggioli,

Je suis retournée l'année dernière à Muna. Et voilà [CLIQUER] ce que j'ai alors écrit.

Amicizia,

Angjhula Paoli

Très beau texte, photos exceptionnelles. J'ai aujourd'hui 45 ans, tout petit je venais à Muna, la maison ruinée à peu près en face de l'église et du moulin appartenait à un couple de ma famille: Paolone et Matea morts à Murzo... Je pense faire un blog sur la vie de ma famille à Letia et Muna (famille Paoli-Nivaggioli), pourrais-je reproduire - avec votre accord et en vous citant - vos photos de Muna figurant ici ? Merci pour votre réponse, quelque qu'elle puisse être.

Dominique Nivaggioli (M)


Grazie, Dumè, pour vos compliments. Quand pensez-vous ouvrir votre blog ? Je serais ravie de pouvoir en prendre connaissance.

Vous avez mon accord et celui de Guidu (le photographe exclusif de TdF), pour la reproduction des photos, tant pour cet article que pour celui-ci. Merci de citer la source (Terres de femmes d'Angèle Paoli) en faisant un lien vers les articles.
Amicizia,
Angèle

Merci pour votre accord, naturellement je vous mentionnerai ainsi que le site. J'ai le texte pour le blog, maintenant le + dur reste à faire: le construire.

Amicizia

Dume Nivaggioli


Je suis tombé par hasard sur votre blog.... expatrié aux USA, j'espère faire connaître la Corse à mon fils, et l'histoire des Nivaggioli. Amicalement. Thierry

Cherchant des infos sur le village de Muna pour accompagner les photos que j'ai prises en juin 2007 et publiées sur mon blog, je dirais que la chance m'a dirigée ici et je me suis permis de mettre un lien vers vous, je pense que les curieux de la Corse et de Muna en particulier seront touchés par votre texte comme je l'ai été.


Je viens de découvrir votre blog qui parle de notre village de Muna. Merci pour ces magnifiques photos. Mon grand-père, Jean Dominique dit Xavier (ancien facteur) et mon père François sont nés à Muna. J'essaie de retourner au village le plus souvent possible car mes trois enfants s'y sentent bien. Justine a été baptisée le 09/08/97 et François le 17/08/02. Ce sont les 2 derniers baptêmes à Muna depuis une cinquantaine d'années, quant à Aurore elle n’a pas eu cette chance. J'espère un jour pouvoir retaper une maison de mon grand-père pour faire revivre ce village.
Amitiés.
Gérard


J'ai connu ce site grâce à Catherine, la reine du vélo, et je suis contente de l'avoir parcouru.
Isabelle


Merci à tous deux, Isabelle et Gérard, pour vos commentaires. Pour vous, http://www.dailymotion.com/swf/x44sjk>L'Omu di Muna, par Antoine Ciosi.
Cu amicizia,
Anghjula

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.