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21 mars 2005

Commentaires

Réponse de l'ermite

« […]
Et c'est le soir les fleurs de jour déjà se closent
Et les souris dans l'ombre incantent le plancher

Les humains savent tant de jeux l'amour la mourre
L'amour jeu des nombrils ou jeu de la grande oie
La mourre jeu du nombre illusoire des doigts
Seigneur faites Seigneur qu'un jour je m'énamoure

J'attends celle qui me tendra ses doigts menus
Combien de signes blancs aux ongles les paresses
Les mensonges pourtant j'attends qu'elle les dresse
Ses mains énamourées devant moi l'Inconnue [...]»

Apollinaire, « L’ermite », Alcools, Poésie/Gallimard, page 79.

oui, elle était là présente, sa présence nous enveloppait et pourtant son regard grave était lointain, loin de nous tous qui la regardions de temps en temps et qui attendions un sourire, une participation, et, elle ne participait pas, elle était ailleurs dans un autre monde que nul ici ne connaissait et qu'elle seule connaissait et parfois j'aurais voulu lui demander la clé de son monde, son monde qui paraissait sortir de son regard si grave, aussi grave que le ciel qui s'assombrit un soir d'hiver et, elle nous enveloppait de sa présence et elle était absente, elle était absente mais présente dans son monde si grave.
clem.

Le buffet, quand on l'ouvrait, sentait bon la cire d'abeille. Le bric-à-brac qu'il contenait était organisé par villages : le village de la vaisselle (celle de tous les jours, car celle du dimanche était à part, dans le vaisselier de la salle-à-manger), le village de la farine et du sucre, le village de l'huile et du vinaigre, le village des ustensiles en retraite ou qui n'avaient pas trouvé de place ailleurs : ces derniers ne se gênaient pas pour faire des incursions au-delà de leurs frontières, et on les retrouvait parfois, incongrus, chez l'huile ou chez la farine. Et l'anti-monte-lait, dont on croyait autrefois qu'il s'écrivait, je ne sais pas, antimontlé ?... Lui n'avait le droit de sortir qu'une fois par jour, le matin, et encore ne le lassait-on pas toujours assez longtemps pour qu'il puisse tressauter au fond de la casserole, alors pour se venger, il se cachait. Sous les serviettes de table, par exemple.

Quel bonheur de vous lire, amour cuisant. Je ris de vos villages, c'est absolument ça! Vous n'avez rien oublié des parfums, des petites organisations ménagères qui ont empli l'esprit de notre enfance. Et le stratagème de disparition de l'"antimontlé" est désopilant. Merci, je me réjouis de votre visite !
Mais alors, vous êtes un dinosaure, vous aussi !

Angèle, c'est à nous, vos lecteurs, de vous remercier de nous permettre de lire vos si beaux textes.

P.S. Un dinosaure ? Moi ? Vous mériteriez de retourner faire un petit tour dans le jardin du restaurant de votre premier récit :-)

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