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04 février 2005

Commentaires

Ce poème m'a touché doublement, à la fois personnellement mais aussi parce que son auteure rappelle ce fabuleux siècle d'Argent russe, et toute cette poésie balayée par la brutalité de la machine soviétique

Marina Tsvétaïeva... Quelle femme... je ne peux que conseiller la lecture de la belle correspondance qu'elle a échangée avec Anna Teskova. Une correspondance magnifiquement éditée chez Clémence Hiver, ainsi qu'aux Editions des Syrtes (édition moins chaude et moins luxueuse).

Evidemment, il est difficile de cerner la personnalité entière de la poétesse à la seule lecture de sa correspondance. La vision offerte par ces échanges de lettres est tronquée, il manque les réponses de Anna Teskova. Un manque douloureux et cruel par moments ; quand Marina appelle au secours, on ignore ce qu'elle reçoit en réponse, or ça pourrait être très intéressant de savoir si Anna Teskova prend tout cela très au sérieux ou si elle relativise. Difficile, à travers ces pages de cahier noircies d'écriture de connaître en détail l'oeuvre de Tsvetaïeva, même si on devine d'emblée que la poésie et l'écriture sont en elles depuis toujours.
Une lecture à compléter certainement par le recueil de souvenirs rédigés par Anastassia, la soeur cadette de Marina (Actes Sud). Beaucoup de vie mais aussi de la tristesse,les déchirures familiales, le drame des départs et la douleur de l'absence.


Pour Marielle et Fulcanelli, un autre poème de Marina T. :

«Ils volent,- écrits à la hâte, dans la chaleur
De l’amertume et de la volupté. Entre l’amour
Et l’amour, mon temps est crucifié, et mon heure,
Et le jour, et l’an, et le siècle.

J’entends - les orages - ici et là dans le monde, -
Et les lances des amazones brillent à nouveau…
Et moi- je ne pourrais pas tenir la plume ! Elles
Ont bu - deux roses - tout le sang de mon cœur.»

Moscou, janvier 1916

Marina Tsvétaïeva, S.E, L’Offense lyrique & autres poèmes, Éditions Farrago/Editions Léo Scheer, 2004, page 71. Texte français : Henri Deluy.


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