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04 février 2005

Commentaires

il me fallait revenir sur cette terre, cette terre toujours cultivée, cultivée avec des mots, de la peinture, et il me fallait marcher là, et contempler ces portraits inoubliables et repartir en vous disant combien est passionnant ce paysage sur cette terre.
clem.

Merci, Clem, je suis très touchée par tes mots. Attendrie, même. Et Guidu aussi, sûrement, qui est le portraitiste des femmes de cette terre. Qui est aussi la tienne, depuis quelques jours maintenant.

Merci, Clementine (j'ai une veritable passion pour les agrumes ! ), je suis aussi très touché par tes mots. Je suis en effet le portraitiste des femmes de cette terre, oui de cette terre qui est la mienne, mais la tienne aussi, comme le dit Angèle.
Je viens de rejoindre notre île, la Corse, pour des raisons très personnelles, douloureuses même…

Lis les lignes qui suivent, elles te parleront peut-être de ma quête ici et ailleurs. Elles proviennent du Journal d’un piètre séducteur, d’un auteur inconnu.
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…Plus tard, ils sont avec d'autres. Elle lit un roman qu'il lui a offert; au milieu d'un chapitre, il a rajouté quelques lignes avec un crayon jaune. Elle les lit mais ne dit rien. Lui la prend en photo en contre-jour alanguie dans le grand fauteuil en cuir. La lumière est très faible, l'obturateur fait un bruit qui lui fait lever les yeux. Elle pourrait sourire car elle vient de lire la phrase rajoutée, mais elle mime l'indifférence, elle se joue des complicités, l'écriture et l'image l'invitent au silence…

A la terrasse ensoleillée du café, ils se regardent maintenant longtemps, ils ne trouvent pas leurs mots. Ils écrivent leur histoire et s'acceptent de vouloir en vivre une autre. Leur téléphone n'est plus en dérangement. Ils s'appellent les week-ends, car il leur est plus facile d'employer les mots justes à distance, dans le noir de leur chambre, dans le silence de l'appartement, en entrouvrant les lèvres devant l'appareil blanc. La communication est coupée, peut-être une fausse manœuvre, ils se rappellent simplement. Elle lit avec le calme nécessaire ce qui s'est inscrit sur son clavier. Il écoute les phrases qu'ils y ont inscrit ensemble. Il découvre dans le souffle magnétique un murmure intérieur, une obsession de lui-même, elle parle d'amour et de ses impossibles, de la stratégie qu'ils induisent, ils se révoltent et s'y résignent aussi.
L'amour absolu implique, paraît-il, la mort de l'autre, le durable en découle, l'éphémère l'alimente...

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Amicizia
Guidu _________________


Bienvenue chez vous Angèle.
Peut-être aurons-nous le plaisir de travailler ensemble ?
Amicalement

JF Agostini

Merci, Jean-François. Je suis très heureuse de vous retrouver après tout ce grand silence. Oui, peut-être, qui sait ? A Pigna le 12 novembre ?
Amicizia.
Angèle

Chère Angèle,

Toujours heureux de parcourir longuement votre blog et d'y découvrir ci ou là de petites merveilles. J'aimerais, comme par le passé, donner mon avis sur des articles qui m'intéressent particulièrement, mais ma poésie et l'organisation de manifestations littéraires avec Entrelignes (notre association de l'extrême sud) m'occupent beaucoup. A ce propos je vous informe qu'un café-poésie se déroulera le 15 décembre à partir de 17 heures au café des Beaux-Arts (le bien nommé) à Porto Vecchio, ouvert à tous et à toutes les formes de poésie, j'y invite tous les lecteurs de votre blog.
Avec l'espoir tenace de vous rencontrer très bientôt, recevez mon poétique salut du sud.

Jean-François Agostini

Hélas, cher Jean-François, le 15 décembre, je serai parisienne pour quelques jours. Ce sera aussi le cas la première quinzaine de janvier. Mais nous parviendrons bien à organiser cette rencontre dans les mois qui viennent,
Amicizia,
Angèle

Click clack Kodak !

Amicizia

Guidu _____
Ps: Merci à Félix Tournachon dit Nadar, que j’épie depuis 1854…

Mon cher Guidu, comme vous cachez bien votre âge ! Attendez voir que je calcule ! 153 ans ! Mamma mia, records bibliques battus ? Non !

J'avais oublié de Nadar qu'un Tournachon se cachait derrière Nadar ! Cela ne sonne pas très sérieux pour un artiste de ce talent. Il a bien fait de se choisir un pseudo.
Vous connaissiez donc mon faible pour les Pierrots lunaires ? En écho, pour vous remercier , recevez en échange ce très beau poème de Verlaine, tiré du recueil Jadis et Naguère.


Pierrot

Á Léon Valade

Ce n’est pas le Pierrot lunaire du vieil air
Qui riait aux aïeux dans les dessus de portes ;
Sa gaîté, comme sa chandelle, hélas ! est morte,
Et son spectre aujourd’hui nous hante, mince et clair.

Et voici que parmi l’effroi d’un long éclair
Sa pâle blouse a l’air, au vent froid qui l’emporte,
D’un linceul, et sa bouche est béante, de sorte
Qu’il semble hurler sous les morsures du ver.

Avec le bruit d’un vol d’oiseaux de nuit qui passe,
Ses manches blanches font vaguement par l’espace
Des signes fous auxquels personne ne répond.

Ses yeux sont deux grands trous où rampe du phosphore
Et la farine rend plus effroyable encore
Sa face exsangue au nez pointu de moribond.

[1868.]

Paul Verlaine, Jadis et Naguère, Les Éditions Georges Crès et Cie, 1921, page 9. Frontispice gravé sur bois par Paul Baudier, exemplaire sur papier de Rives n° 1081.


OT

Chère Angèle, cher Yves,

Je casse mon silence (non pas à coups de hache, comme le suggérerait le dernier titre d'Alain Duault) mais avec quelques mots pour vous signaler le très beau recueil de Joel Bastard (corse par sa mère) intitulé Casaluna (du nom de la rivière qui prend naissance dans le flanc ouest du San Petrone) paru chez Gallimard, collection blanche.

Je vous espère en bonne santé et vais tenter de recoller mes fragments.

Amicalement


Un hommage à Garbo un de ces jours... ? Vos portraits sont magnifiques !

Claude de Montréal


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