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20 février 2005

Commentaires

Utê Mûrûnû

"Ces voix de la terre, enseignait donc ma grand-mère Utê Mûrûnû, n'étaient autres que celles de la mère, celle de la femme. Et elles s'adressaient, en premier lieu, à nous les femmes qui, mieux que personne, pouvions les comprendre. Porteuses de semences, nous étions lardées d'interdits, marquées de tabous comme autant de pierres pour obstruer la vie. Ornières de plaisir, nous devenions des Eva mordues par le serpent inventé par les prêtres de la nouvelle religion. Adi, perles noires du mariage coutumier, nous étions échangées comme autant de poteries scellant une alliance entre deux guerres. Voies et pistes interclaniques, nous survivions tant bien que mal à nos enfances et à nos pubertés trop souvent violées par des vieillards en état de lubricité."

Déwé Gorodé, Utê Mûrûnû - petite fleur de cocotier, Nouméa, editions Grains de sable, 1994.

Déwé Gorodé, belle représentante de la littérature contemporaine canaque, née en 1949 à Ponérihouen au sud du Caillou et professeur de langue française.

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