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25 janvier 2005

Commentaires

"Les lettres de Virginia Woolf l'ont rendue immortelle, elles ont fait d'elle la plus fragile des mortelles immortelles.
Elles ont, comme elle le devinait d'avance, faussé ses relations avec nous, comme elles faussaient ses relations avec ses contemporains. Elles l'ont désacralisée, la faisant du même coup sortir de la cohorte des géants. Elles ont enfin élevé un mur d'incompréhension entre des lecteurs trop familiers de Virginia, et une oeuvre formaliste, si exigeante et difficile qu'ils viennent s'y casser le nez et, déçus, s'en éloignent. Personne ne leur avait dit que c'était une oeuvre qui, à l'instar de celles de Lowry, Joyce, Proust ou Faulkner, se méritait."

Geneviève Brisac et Agnès Desarthe, Virginia Woolf, Editions de l'Olivier, 2004, page 78.

Je me souviens avoir éprouvé appréhension, plaisir et déception à la lecture du petit recueil de Joëlle Gardes.
Il y a eu de beaux moments, de riches découvertes, avec tout d'abord un choc, une émotion. Une photo de femme vue de dos, cela ne pouvait être personne d'autre que l'ombre de Virginia contemplant l'horizon à perte de vue, une ressemblance troublante.
Puis des mots, des phrases.
"Alors sa tête résonnait d'étranges voix, alors des fantômes surgissaient qui avaient plus de réalité que les arbres..." (page 14)
Avant la déception, légère mais réelle. La biographie remplissant la dernière partie de l'ouvrage m'a semblée si froide, manquant cruellement d'âme. Décalage par rapport à la chaleur des premières impressions, j'ai dû replonger dans la lecture, plus tard, à petites doses. Et compléter ce travail par la lecture de la biographie de Geneviève Brisac et Agnès Desarthe, qui vaut ce qu'elle vaut, mais m'a apporté un peu, beaucoup, de cette chaleur qui me manquait.

Merci Angèle il est très beau ce texte sur Virginia …

Il me donne l'envie de vous dire :

LA PRESENCE ABSENTE

Le ciel désapprend la sérénité,
L'éclat des souvenirs d'enfance
Les collines d'en face
Toutes ces choses qui caressent les jours de solitude
Se ressemblent les après-midi de dimanche.
Les lueurs de l'aube, le contre-jour figé
Impressionnent l'émulsion avec la même pâleur.
La buée se colore, la cire fond,
Dans la chambre dépeuplée,
Si soudain l'imagination devait cesser
Comment pourrais-je arrêter la pluie ?
La présence absente c'est la musique
Audible seulement par des oreilles de poissons.

Amicizia
Guidu


Chère Angèle,
je viens vous remercier, une fois de plus, pour les photos, les textes, le soutien, et prolonger ce que vous dites. Et vous dire que j’ai vraiment essayé de mettre mes pas dans ceux de Virginia, et que j'ai un regret, celui de n'avoir pas retrouvé sa maison, la Boudarde, alors que le chemin du Boudard est si près de chez moi. Du coup je m'imagine, je crois vous l'avoir dit, que la Boudarde est ma maison. Je regrette que Marielle n'ait pas senti toute l'émotion que j'ai ressentie. Il est vrai que le deuxième texte était documentaire, sans plus, et je croyais que la distinction était claire entre la fiction du début et ce texte informatif.
Je vous écris surtout pour vous livrer cette phrase de Virginia dans un texte publié dans L'Art du roman, «Les femmes et le roman» : «La femme extraordinaire dépend de la femme ordinaire», parce que je sais que vous êtes attachée, comme moi, au sort des femmes, et en particulier de ces femmes effacées du Sud, dont vous tentez de prolonger la mémoire.
Par ailleurs, aux lectures de Primo Levi, j’ajouterais celles de Mario Rigoni Stern, une autre vision de l'horreur de la guerre.



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