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16 janvier 2005

Commentaires


En guise d'écho, un poème d'Attilio Bertolucci, poète qui a fait l'objet de la thèse d'Anna Toscano :


Le farfalle

«Perché le farfalle vanno sempre a due a due
e se una si perde entro il cespo violetto
delle settembrine l’altra non la lascia ma sta
sopra et vola confusa che pare si sbatta
contro i muri di un carcere mentre non è che questo
oro del giorno gia in via d’offuscarsi
alle cinque del pommeriggio avvicinandosi ottobre ?

- Forse credevi d’averla perduta ma eccola ancora
sospesa nell’aria riprendere l’irragionevole moto
[...]
tu non hai che a seguirla incontro alla notte
come l’attendesti nel lume inquieto del sole
finché fu sazia del succo di quei fiori d’autunno.»



Les papillons

«Pourquoi les papillons vont-ils toujours par deux
et si l'un se perd à l'intérieur du buisson violet
de giroflées, l'autre ne l'abandonne pas mais
vole au-dessus, affolé, et l'on dirait qu'il se heurte
aux murs d'une prison alors qu'il ne s'agit
que de l'or du jour déjà sur le point de s'assombrir
à cinq heures de l'après-midi, octobre s'approchant ?

- Peut-être croyais-tu l'avoir perdu, mais le voici de nouveau
suspendu dans l'air, qui reprend son mouvement irrésistible
[...]
tu n'as qu'à le suivre, au-devant de la nuit,
comme tu l'as attendu dans la lumière inquiète du soleil
jusqu'à ce qu' il fût rassasié du suc de ces fleurs d'automne»


Attilio Bertolucci, Voyage d'hiver, traduction de Muriel Gallot, Verdier, 1997, page 27.



Un autre poème extrait du Voyage d'hiver (Viaggio d'inverno), un poème dédié à Pier Paolo Pasolini et dit à voix haute par Attilio Bertolucci en personne : Piccola Ode a Roma [un document d'archives de la RAI].


Sur vibrisse, une note d'Annalisa Bruni sur la poésie d'Anna Toscano.

Ciao Anna !
Piacere di fare la sua conoscenza tramite il bellissimo blog di la sua amica Angèle Paoli. Se mi permeti, desiderei pubblicare un articolo su di lei, nel mio blog ...
Un caro saluto da Bordeaux!
Simbad

Quelle savoureuse découverte … Sens du mot décalé, de l'image qui touche, éraflant nos certitudes et comme narguant nos troubles. Dans le déploiement comme dans l'ellipse, Anna Toscano est brillante. Et même bien davantage que cela …

J'ai suivi les indications d'un ami pour vous trouver en ces mots. Vos textes sont magnifiques. Beaucoup de plaisir à les lire.

A bientôt

Entre les pierres bordant le cours des canaux, çà et là des christe-marine.
Aujourd'hui Anna Toscano. On revient toujours à Venise. J'ai maintenant une raison de plus...
Grazie a lei per le sue poesie e a Angela.

Elle est loup de velours et ses pas
dynamitent Saint-Marc. Elle court
vers moi ses cheveux en vol comme un
éventail aiguisent mon regard
Je découvre sa très longue robe
pourpre prends place et cathédrale-
ment figé lance à lagune le re-
flet festonné d’un poème sus-
suré mais sûr de son carnevale.

JFA (sans doute quelque prémonition d'Anna Toscano)

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