« Hélène Bresciani | Le malocchju, «le mauvais œil» | Accueil | Le rhinocéros n'est pas mort... »

16 décembre 2004

Commentaires

J'ai aussi été vivement intéressée par ce livre dont nous avions parlé ensemble et je me permets de compléter votre belle analyse par un compte-rendu que j'avais fait de Sous réserve et publié en son temps sur zazieweb.fr. Il inclut deux liens vers des articles parus dans L'Humanité et dans Lire.

Note de lecture :
"Encore un coup d’éclat de l’éditeur Allia qui, non content de ressusciter maints textes majeurs perdus dans les sables du temps ou de l’indifférence, semble se faire une nouvelle spécialité de la découverte de jeunes auteurs atypiques mais diablement intéressants (Grégoire Bouillier, Valérie Mréjen par exemple). Roman ? Plutôt un objet étrange, une sorte de montage très subtil par petits fragments numérotés (477) sur deux ou trois thèmes ; en forme de fugue, sujet et contre-sujet, développement et strette (tout, à la fin, se hâte, se resserre, s’abrège, se dénoue), avec comme dominantes le mensonge, la vérité, l’absence, ce qui se cache ou se dérobe, ce que l’on ne dit pas, cache ou dérobe à la vue des autres ; exploration aussi de l’espace étrange qui se crée entre deux êtres par le biais d’une correspondance, ici entre Kant et une certaine Maria von Herbert, espace halluciné, êtres fantomatiques et fantasmés. Une composition très originale ou l’auteur s’efface derrière les autres, « écrivain sans ombre » lui-même porteur d’histoires autres que la sienne mais qui lui permettent, étrangement, subtilement, d’explorer la sienne et d’en rendre compte ; conte aussi. Cela semble léger, quelques feuillets, un petit format, mais on devine sans peine les trésors de patience qui furent nécessaires pour assembler les pièces de ce puzzle à la fois miroitant et un peu vertigineux, de cette histoire pleine d’apparitions disparaissantes et de reflets, de références et d’évocations (Kant ainsi donc, mais aussi Rousseau très souvent invoqué, Hawthorne, des extraits d’un texte qui pourrait être le Journal de Kafka (?), Jean-François Lyotard, Jacques Rivette, etc…

Hélène Frappat est à la fois philosophe et critique de cinéma. Elle convoque ces deux passions dans son livre à chaque instant, en joue, fait appel à la philosophie pour penser autour de la sincérité, du mensonge, du vrai, mais s’inspire aussi du cinéma pour citer, monter ses fragments comme autant d’images et jouer avec le temps. Elle agit aussi en styliste en jouant de façon volontairement déroutante avec la syntaxe et en juxtaposant des fragments de sources très différentes.
Florence Trocmé

Courte biographie :

Née en 1969, Hélène Frappat est philosophe, traductrice de l'anglais et critique aux Cahiers du Cinéma ; elle a publié Jacques Rivette secret compris et, chez Allia, en cette rentrée littéraire 2004, Sous réserve, sa première oeuvre de fiction.

Une belle critique d’Alain Nicolas dans L’Humanité et une autre de Baptiste Liger dans Lire.

Voilà, je me suis enfin décidée à lire vos deux livres car je savais non pas vous connaitre mais avoir connu Marie Rose laquelle sans doute sans le savoir à été très importante en ce qui concerne mon choix de vie. Je vous ai lue comme je lis rarement ; avec un sentiment de proximité et pourtant je peux dire sans complexe qu'il m'arrivait souvent d'etre perdue, ce que j'accepte volontiers en littérature comme en toute forme artistique. Je me sens également portée à approfondir mes incertitudes et à ne pas perdre courage face au désir de créer de la beauté (c'est un peu pompeux mais sincère)rien qu'à vous lire. Je joue actuellement aux Bouffes du nord Je tremble de J. Pommerat et quelque chose me dit que ça peut vous intéresser. Saadia

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.