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14 décembre 2004

Commentaires

Qui est cette Oô ? Est-ce une invention ou une divinité grecque ?
merci
(joliment présenté ton blog)

Oô est d’abord un lac qui se situe dans les hauteurs centrales des Pyrénées (Haute-Garonne). C’est là qu’a été mis au jour un bas-relief en pierre très primitif sur lequel figure une jeune fille en position debout, un serpent accroché à son sein et enfoncé dans son sexe. Ce bas-relief est actuellement conservé au musée des Augustins de Toulouse sous le nom de « La femme au serpent ». À cette jeune fille est aussi souvent donné le nom d’Oô, d’après le toponyme du lac où elle a été exhumée.

Cette jeune fille Oô a inspiré à l’écrivain Claude Louis-Combet le récit Oô, qu’il a publié en mai 2002 aux éditions Shushumna de Bordeaux. Cet ouvrage, qui se présente sous la forme d’un mini-livret de 48 pages, est actuellement distribué par la librairie José Corti à Paris. En mars 2004, Claude Louis-Combet en personne a lu à haute voix ce récit à la maison de Franche-Comté à Paris. Le 28 octobre dernier, ce récit a également été lu à haute voix à Amiens par Marianne Cantacuzène dans le cadre de sa lecture itinérante en Picardie «  Les marcheurs d'histoires...ou la bibliothèque qui se livre à pied ».


Souvenir d'une belle lecture du livre à la maison de Franche-Comté, par son auteur même, en mars 2004. Mot rédigé par Angèle Paoli, la créatrice de Terres de femmes. Je vous le redonne tel qu'elle me l'a envoyé à l'époque :

«Importance du grain de la voix. Du texte lu par son auteur. Elle ne se souvient plus de sa voix. Elle n’en a que pour ce visage. Ces cheveux blancs et cette barbe de prophète. Ses yeux aussi, minuscules, cernés de sang, presque clos. On pourrait croire qu’il est aveugle.

Il parle de lui. De ses années Corti. Ronald Klapka est là qui le présente. Ils parlent de son travail d’écrivain : lui se tient d’emblée à l’écart de la scène littéraire. Il affirme son désir d’écrire sans souci des résonances socio-culturelles. Se tenir à l’écart de la reconnaissance médiatique. Il a fait le choix de la liberté. Il travaille avec régularité. C’est un écrivain polygraphe qui affirme ses particularités en relation étroite avec l’universalité de sa création.

Il présente Oô. Personnage mythique, d’origine languedocienne. À la frontière de l’Espagne, la statue de cette déesse tient son nom du lac auprès duquel elle a été trouvée, en Haute-Garonne. Elle se trouve actuellement au musée des Augustins, à Toulouse. C’est une déesse des origines. Qui associe en elle les trois dimensions essentielles de la vierge/de la femme/de la mère. De son sexe sort un serpent. Symbole de luxure et d’immortalité. La figure même de l’Ouroboros.
Le petit livre est édité à Bordeaux aux Editions Shushumna et distribué par José Corti.

La seconde partie de la conférence est tenue par Bassara Nicolescu, chercheur au CNRS ; il est roumain et auteur d’un Improbable voyage. Il évoque sa rencontre avec Louis-Combet, décisive ; il évoque la beauté virginale du mot « mathématiques ». Le Bœuf Nabu, texte de C. Louis-Combet.

Écrire c’est entrer en religion, se relier. La foi entraîne une forme de désertification. La voix entendue permet d’opérer un retour à la source. Les mots sont des quanta. Le vide quantique est plein de potentialités. Les mots naissent du vide et retournent au vide. Les mots sont liés les uns aux autres par la salive : statut particulier que leur donne la chair. En même temps que surgit l’épiphanie de l’écriture.»


Avez-vous lu le script de l'entretien de Claude Louis-Combet avec Ronald Klapka (le 19 mars 2004 précisément, jour d'inauguration du Salon du Livre 2004) auquel vous avez assisté toutes deux (Angèle Paoli et Florence Trocmé) à la Maison de Franche-Comté ?

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