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30 décembre 2004

Commentaires

I

À l'île attaché on aperçoit :
des fleurs marines éjouie d'aurore,
des monts posant leurs ombres sur l'aile
d'une buse. On sent que le silence
écoute le moindre bruissement
de soi. On se détache. On se tait.

Une voix rassemble nos pensées :
« tu dois enterrer le jour d'avant,
les mains pleines d'asphodèles vives ».

JF AGOSTINI
Extrait d' Equinoxes
le 21 novembre 2005

Je suis bouleversée par ces trois vers, les vôtres:

Une voix rassemble nos pensées :
« tu dois enterrer le jour d'avant,
les mains pleines d'asphodèles vives ».

Je n'ai pas de mots pour dire à quel point c'est ça ! Vous êtes au coeur. Au coeur de l'île, au coeur de ceux/celles qui la portent en eux. Au coeur de ma propre problématique! J'en suis complètement remuée. Merci, j'ai les larmes aux yeux.

Vos poèmes sont beaux, beaux et simples (en apparence du moins) et ils me touchent, me chavirent. Nous sommes pétris dans la même glaise. Et c'est une chance de pouvoir vous le dire. De pouvoir partager ce qui nous consume. C'est paradoxalement un bonheur.

Ni corse ni botaniste, mais terre à terre et curieuse, je vous remercie d'avoir eu l'idée lumineuse de montrer à quoi ressemble, de près et de loin, l'asphodèle tant célébrée ici.

L'asphodèle est une plante dont, selon Hérodote, les Nasamonians (les gens de Nazca) qui vivaient près de la Grèce en 2000 A.-C., ont fait des toiles pour couvrir leurs momies (momias), qui restaient asseyès, comme les momies (momias) d'Amérique du sud.

Marie Laforêt cite l'asphodèle dans une des plus belles chansons de sa période de récitals, avec un poème étonnant. Cette chanson est une fusion de musique celtique et andienne, extrait d'une chanson juive. Cette chanson étrange, très étrange, s'appelle Mes bouquets d'asphodèles [YouTube].

La chanson, Marie la chante en trois versions, la première est inconnue avec voix de soprano, la deuxième avec voix de mezzo, la troisième avec voix de basse.

A bientôt

=> Luis, merci pour cette chanson de Marie Laforêt que j'avais totalement oubliée. Une chanson triste, même si elle parle d'un amour unique et grand. Mais l'asphodèle, chargée de mémoire, comme nous le rappelle ces rituels anciens que je ne connaissais pas, ne peut être une fleur dénuée de mélancolie.
=> Pascale, ce matin, sur les talus, j'ai ramassé une pleine brassée de tiges sèches (ferlucci) pour alimenter le feu de cheminée. Et déjà, les touffes des fleurs futures sont là, chaque jour un peu plus hautes. En avril, le maquis tout entier bruira des massifs d'asphodèles.

Albucci pè Anghjula

Anghjula, Guidu vient de me transmettre ce bouquet d'asphodèles qu'il a conçu pour toi. Je le mets en ligne.

La belle Marie, surnommée "la fille aux yeux d'or", vous vous souvenez ?
Amitiés

Le grand Hugo connaissait lui aussi l'asphodèle. Je suis tombée par hasard aujourd'hui sur cet extrait de "Booz endormi" dans La Légende des Siècles :

"Booz ne savait point qu'une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle.
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala."

Amitiés



Mais, chère Pascale, cette citation figurait déjà en Commentaire ci-dessus, à côté de Chénier.

Je propose une ALTERNATIVE RABELAISIENNE : Que vaut-il mieux ? Asphodèle ou oison ? Ci-après, Pascale, la fin du chapitre XIII de Gargantua :
« Et ne pensez que la béatitude des héros et semi-dieux qui sont par les Champs-Elysiens soit en leur asphodèle, ou ambroisie ou nectar, comme disent les vieilles icy. Elle est, scelon mon opinion, à ce qu'ils se torchent le cul d’un oyzon, et telle est l'opinion de Maître Jehan d'Escosse. »
Rabelais, Gargantua, in Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, page 46.


Je serai, quant à moi, plus pragmatique. J'observe les asphodèles jour après jour au cours de mes balades quasi quotidiennes. Jusqu'alors, les longues tiges sèches (les ferlucci) étaient encore bien arrimées dans la terre. Mais, au fur et à mesure que les touffes nouvelles grandissent et prennent de l'étoffe, les tiges sèches se détachent d'elles-mêmes pour laisser la place aux futures pousses. Que j'attends avec la plus grande impatience, bien sûr!

les fleurs m'importent à la vie
oui j'aime sans connaître tous les parfums
sans toucher toutes les épines
oui j'aime la nature et ses saveurs sans me douter de tous les talents qu'elle abrite et des dons qui sont encore mystère.

superbes photos.


Ce site me plaît. J'y reviendrai. Je cherchais des infos sur l'asphodèle, de tous ordres, botanique, etc...
Merci pour la belle photo d'asphodèle (c'est la plus jolie que j'ai trouvée). Je vous recontacterai pour la mettre sur un blog qui s'appelle asfodela et que je viens d'ouvrir.
Vive cette terre de femmes, saine et rafraîchissante!
Bien cordialement,
Francine

Je suis chanteuse du groupe XKTdra et j'ai écrit une chanson qui s'intitule "Champs d'Asphodèles". Vous pouvez l'écouter en cliquant sur ce >lien.

Merci d'avoir créé un blog aussi instructif.

J'ai vu plusieurs sites sur l'Asphodèle et j'en connais un dont son auteure poète nous ravive le coeur et l'esprit.
Il se nomme : Asphodèle. Son titre est au singulier, preuve sans doute que l'on s'adresse à la fleur elle même, non à ses ramifications.
Pour ceux qui voudraient aller s'y promener, cliquer ICI. Il y a une belle photo de ladite fleur, en page d'accueil.

Voici un autre court extrait de l'ouvrage Arburi, arbe, arbigliule, Savoirs populaires sur les plantes corses qui concerne l'asphodèle et figure sur notre site :

"L'asphodèle pousse partout. Elle s'accommode
de toutes les terres. Elle fleurit au printemps, sèche l'été. Ses fleurs attirent les abeilles.

La tige sèche servait de flambeau dans les maisons, dans les cabanes ou pour voyager la nuit.
On l'utilisait aussi pour allumer le feu. La nuit de la Saint Jean on s'en servait pour faire du feu et pour faire du bruit en frappant sur les pierres.
Avec les feuilles on faisait des matelas, des selles.
Les bêtes mangent son feuillage sec. "Ils mangent l'asphodèle quand elle est battue par le mistral" (Evisa).

Le tubercule de l'année pouvait être consommé. On en faisait aussi une eau de vie (Barchetta).

Expressions :
- Il a les jambes comme des tiges d'asphodèles (fines et peu résistantes, Rennu).
- Une bonne année d'asphodèles annonce une bonne année de châtaignes (Bastelica).
- Il ne connaît plus l'asphodèle (Capi corsu). Se dit du Corse expatrié qui a tout oublié de ses origines.
Feu d'asphodèle (Santu Petru di Tenda). Cela équivaut à : feu de paille.

Amicizia

Nadine


Je suis un "journalier" de la nature en Armagnac depuis 50 ans.....seul ....comme tous les ans je rencontre l'asphodèle chez moi avec les mêmes émotions.......je croyais être parmi les seuls à vivre leur vie jusqu'à ce jour..........je suis heureux de me mêler à votre concert pour l'asphodèle..........en plus c'est mon premier contact avec les Corses ! Bravo pour vos vibratos !

Jean Claude


Merci de votre visite, Jean-Claude. Peut-être les asphodèles d'Armagnac ne sont-elles pas tout à fait identiques à celles de Corse. Il y a, pour toute chose dans la nature, tant d'espèces différentes. Ainsi de l'hellébore, par exemple, dont il existe deux espèces endémiques sur l'île !
Les touffes d'asphodèles se sont bien développées ces jours derniers. Mais les hampes qui portent les grappes de fleurs ne sont pas encore sorties. Je les surveille attentivement, jour après jour sur les talus. Elles seront prêtes pour mars, période de leur pleine efflorescence, ici, en Corse.


Ce blog est l'un des plus intéressants que j'aie eu à lire. Bravo !
J'aimerais ajouter une autre fonction de l'asphodèle que j'ai trouvée dans l'oeuvre de l'entomologiste J.H. Favre : d'après ce scientifique, elle joue un rôle important dans la reproduction de la cigale. J'ai pu vérifier en découpant longitudinalement une baguette d'asphodèle sèche et percée de nombreux petits trous, qu'elle contenait effectivement les restes des oeufs de cigales comme le décrit le scientifique.
N'est-ce pas merveilleux ? L'emblème de la résurrection dans la mythologie sert effectivement à la reproduction, en quelque sorte, la renaissance des cigales.


Le hasard fait bien les choses... Je viens de terminer le livre de Miss Carrington Mazzeri, finzioni, signadori dans lequel elle décrit les benandanti qui, comme les mazzeri, opéraient dans ce monde mystérieux, intermédiaire, où, croyant que leur esprit quittait leur corps, ils allaient parcourir de grandes distances, agissant, eux, pour le bien de leur communauté. Ils sortaient la nuit pour combattre leurs ennemis, équipés de plantes sauvages en guise d'armes, nous dit Miss Carrington. Cette plante, c'était l'asphodèle...
D'autre part,la Vierge Marie est porteuse du Lis lorsque l'Archange vient lui annoncer sa "mission". N'est-ce pas là encore une plante signifiante de ce "monde intermédiaire", comme l'asphodèle appartenant elle aussi à la famille ...des liliacées.
Et puis merci à tous pour la richesse de vos propos sur Terres de femmes, et surtout à Angèle qui a su donner une lumière particulière en ce dimanche d'où je vous écris.
Marcu.



Bonjour, j'ai des abeilles et je découvre les asphodèles pour de vrai, après les avoir lues en vers.
Je souhaite en disséminer quelques plants près de mes ruches...
Ce site est une merveilleuse découverte. Bien que loin de la Corse, j'espère que les asphodèles se plairont sur nos sols sableux...


Le hasard!le hasard n'est-il pas une simple vue de notre esprit;en tout cas d'une patiente rencontre à une autre plus intriguée j'ai découvert ce curieux cierge fleuri qui jusqu'à peu était sans nom mais m'intriguais;puis de curiosité en curiosité(peut-être le hasard,encore lui)je suis tombé sur vous,sur l'asphodèle.Merci.
Olivier

bonjour NADINE,

pourriez vous me communiquer ses trois proverbes en corse, svp,
c'est pour un de mes blog,
merci en avance,
cdlmt
Miluna

"""Expressions :
- Il a les jambes comme des tiges d'asphodèles (fines et peu résistantes, Rennu).
- Une bonne année d'asphodèles annonce une bonne année de châtaignes (Bastelica).
- Il ne connaît plus l'asphodèle (Capi corsu). Se dit du Corse expatrié qui a tout oublié de ses origines.
Feu d'asphodèle (Santu Petru di Tenda). Cela équivaut à : feu de paille."""

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